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1. Un soucis de chambreAmphitrite. Tome 1.....

1. Un soucis de chambreAmphitrite.  Tome 1.....
Un soucis de chambre.



- Tu n'es qu'un idiot.
- Ce n'est pas vrai. Et puis, ce n'est pas si dramatique. On n'aura qu'à réserver sur place.
- Et si l'hôtel est complet ?!
- Nous sommes des stars. L'hôtel ne va pas nous mettre dehors !
- Qu'en sais-tu ?
- Bon, ça suffit. Taisez vous tout les deux. On verra bien là-bas. En attendant, fermez-là. Trancha Gustav, avant que Tom ne s'avise de répondre.

Les jumeaux s'étaient assis à l'opposé l'un de l'autre, de chaque coté de la banquette arrière. Chacun regardait par la fenêtre, les bras croisés sur le torse et l'air boudeur. A 28 ans, ils étaient toujours les gamins d'autre fois. Et Gustav ne manquait pas de leur faire remarquer à chaque occasion.
Aujourd'hui, ils étaient sur Berlin pour un petit concert privé et quelques interviews. Leur producteur David les avait autorisé à prendre 5 jours de repos après ça, avant de reprendre la route pour d'autres dates de concert. C'était une tournée de petits concerts, généralement de 300 à 400 personnes, pas plus.
Ils venaient de terminer une grosse tournée en Europe et un peu partout dans le monde, et maintenant, ils ne faisaient que passer par quelques villes où ils n'étaient pas venus. Pour satisfaire le plus de fans possibles. Bien que le succès n'était plus le même qu'il y a 10 ans, Tokio Hotel était connu sur toute la planète. La chose positive était que maintenant, ils avaient de vrais fans. Et que les filles de moins de 15 ans de s'intéressaient plus vraiment à eux.

La voiture était redevenue silencieuse et les quatre garçons étaient tous plongés dans leurs pensées. Bill, encore énervé contre son jumeaux de ne pas avoir réserver les chambres, soupira. Il se demandait encore pourquoi Dieu lui avait fait cadeau d'un frère aussi bête et tête en l'air que Tom.
Celui-ci, par contre, ne pensait déjà plus à leur petite dispute et son esprit vagabondait dans les rues de Berlin. N'ayant pas perdu les bonnes habitudes, il cherchait des yeux de jolies filles. Après tout, vingt-huit ans, ce n'est pas quarante. Il était encore jeune, et pouvait bien profiter de la vie et des choses qu'elle offrait. Tel le sexe.
Georg s'imaginait avec un gros hamburger et un paquet de frites devant lui, prêts à être dévorés. Son ventre émit d'ailleurs une plainte dans un gargouillement, ce qui fit sourire Gustav. Ils n'avaient rien mangé depuis hier soir à part un petit sandwich répugnant à une station service. Ils s'étaient réveillés tôt ce matin, et avaient pris directement la route vers Berlin, oubliant le petit déjeuné. Et Georg avait vraiment hâte d'arriver à l'hôtel, pour se commander un grand plateau de bons mets au room service.
Le batteur du groupe était le seul qui ne pensait à rien. Au contraire, il essayait de se vider l'esprit et de se reposer en fermant les yeux.

C'est une demi-heure plus tard que le van arriva enfin devant le Ritz, hôtel de luxe en plein centre de Berlin. Georg et les jumeaux lâchèrent un soupire de soulagement et sortirent de la voiture, avec hâte. Bill prit une grande inspiration d'air frais et alla s'engouffrer dans l'hôtel, presque en courant. Il fut très vite suivi par les trois autres, qui ne pensèrent même pas à aider Kirk, leur chauffeur, à décharger les bagages.
Tom s'affala sur un des fauteuils du petit salon aménagé dans le hall alors que Georg parti presque en furie vers le restaurant, où un buffet l'attendait. Bill était accoudé au comptoir de la réception, et le tapotait de ses ongles parfaitement manucurés.
Gustav le rejoint, et sourit en voyant son ami agacé qu'il n'y ait personne à la réception. Au bout d'un moment, il finit par appuyer comme un fou sur la petite sonnette et on pût entendre un vague " Oui, j'arrive, j'arrive " provenant d'une pièce arrière, réservé au personnel.

Bill soupira, exaspéré, et partit rejoindre Tom au petit salon. Gustav en déduit que c'était à lui de prendre les chambres. Une fille surgit quelques secondes plus tard d'une porte qui portait l'écriteau 'Private', des dossiers dans les mains et les yeux plongés dedans. Elle ne regarda donc pas Gustav mais lui adressa la parole.

- Que puis-je faire pour vous ?
- Je voudrais commander vos quatre plus grandes suites. Et les plus luxueuses aussi. Les 403, 405,407 et 409, répondit Gustav, d'une voix claire et nette.
La jeune fille aux cheveux brun foncés remontés en un chignon impeccable, releva le sourcil droit mais resta les yeux rivés vers ses dossiers.
- Un habitué, je présume... Murmura t-elle pour elle-même.

Elle finit par poser ses papiers sur le bas comptoir, invisible aux yeux des clients, et alla voir sur son ordinateur. Elle chercha un petit moment et finit par dire :
- Je suis désolée monsieur, mais les suites sont déjà prises ou réservées.
- Et il n'y a vraiment pas moyen de les libérer ? , demanda le garçon, en jetant un coup d'oeil vers Bill. L'androgyne était déjà assez énervé comme ça, pour lui dire qu'il n'aurait pas sa suite habituelle.
- Mmh, je vais voir ce que je peux faire, sourit la réceptionniste.
Après avoir regarder sur l'écran de l'ordinateur, elle prit le combiné d'un téléphone, et composa un numéro.
Au bout de trois sonneries, quelqu'un répondit.
- Bonjour Monsieur Thomas, ici l'hôtel Ritz de Berlin...Oui. C'était pour savoir si vous teniez à la réservation ou si je devais l'annuler...Oui....Bien sur...D'accord. Très bien. Merci monsieur Thomas. A bientôt au Ritz.
Elle raccrocha et retourna à son ordinateur.
- Verdict ? , dit Gustav, un peu agacé par ce silence.
- Eh bien, j'ai pu libéré deux suites. Mais je crains que je ne puisse pas chasser les clients qui occupent déjà les deux autres.
- Mmmh... , fit-il. C'est bon, on les prend.
- D'accord.

Elle pianota sur le clavier, quand Gustav finit par sortir:
- Dites, c'est une habitude chez vous de ne pas regarder les clients ?!
Elle sursauta et releva la tête vers lui. Elle écarquilla les yeux en voyant le garçon. Elle secoua un peu de la tête, comme troublée.
- Heu...si bien sur. Veuillez m'excuser monsieur.
Mais Gustav ne dit rien. Il était plutôt préoccupé par ce qu'il venait de voir. Les yeux de la réceptionniste, il en mettrait sa main à couper qu'il les avait déjà vu.
Ils étaient grands et d'un vert émeraude intense. Ce qui pouvait intimider n'importe qui, si ils vous fixaient longtemps. Des yeux comme on n'en voit pas tout les jours. Peut-être jamais. Mais Gustav les avait vu, ça, il en était sûr. Mais où ? Et surtout, quand ?

# Posté le mercredi 19 mars 2008 21:38

Modifié le vendredi 28 mars 2008 07:23

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