Amphitrite.
Bill Kaulitz fut très déçu lorqu' il s'aperçut qu'Amy ne se trouvait pas dans le hall. Et leur manageur, pressé, le poussa littéralement dans le van, en direction d'un plateau TV. Au programme, il y avait l'enregistrement d'une chanson en live et deux interviews. Alors qu'ils étaient au sommet du succès, les plannings étaient souvent surchargés. Alors personne ne se plaignit dans la voiture, malgré qu'aucun d'eux n'avait la forme.
Le temps ne les y aidait pas non plus. Le ciel était gris, terne et nuageux. Un jour pluvieux s'annonçait. Les garçons regardèrent tous par la fenêtre, et d'un seul homme, ils poussèrent un soupire. Ce qui les firent tous sourire, mais personne ne dit rien.
Le bulding d' RTL se montra après un quart d'heure de route, ils quittèrent tous la voiture en vitesse, et piquèrent un sprint vers l'entrée. Voulant éviter la drache qui tombait à l'extérieur.
Un homme vint les accueillir en souriant et ils se serrèrent la main chacun à leur tour. Ils se connaissaient déjà et le groupe savait où il devait aller.
Dans les loges, ils se relaxèrent un peu, buvèrent des sodas et grignotèrent des petits biscuits mis à leur disposition. Tom jouait un petit air sur sa guitare, Bill secouait la tête au rythme de l'air, Georg observait les accords du dreadeux de près, en essayant de trouver le même son sur sa basse, et Gustav écoutait sa musique dans son casque, en faisant des abdos sur le sol. Avec le temps, il était toujours rester très sportif.
David arriva dans la loge et annonça que le magasine Yam! était prêt pour les interviewer. Ils acquièçèrent tous, et se préparèrent à l'arrivée du journaliste, affichant un air sérieux et professionel. Le garçon qui les interrogerait aurait devant lui les Tokio Hotel, et non quatres jeunes normaux.
Celui-ci arriva en toute hâte dans la pièce, en tremblant et respirant fort et vite. Il avait apparement couru et s' était fatigué de sa course. Avec un sourire, Bill alla l'accueillir et lui dit d'une voix mielleuse :
- Voyons voyons, allez vous asseoir, reprenez votre souffle.
Le garçon fit rapidement oui de la tête et lui lança un timide merci avant d'aller poser ses fesses sur le canapé. Le chanteur leva les yeux au ciel quand le journaliste fut de dos et ne pût le voir. Les quatres garçons étaient également installé dans un fauteuil, en face du garçon. Et ils l'observèrent longuement. Bill avait l'air de le trouver pathétique. Tom et Georg s'empêchaient de rire et Gustav avait le visage impassible, mais dans son for intérieur, il se demandait bien où le garçon était aller s'habiller.
En effet, il n'était pas des mieux lookés. On l'aurait cru sorti des années 70. Sa tête était encadré par une coupe au bol. Il était roux, et plusieurs tâches de rousseurs s'éparpillaient sur ses joues. Une paire de lunettes grotesque et épaise reposait sur son nez presque inexistant. La chemise qu'il portait était à carreaux vert et blanc, avec sur la poche de coeur, le motif d'une rose rouge cousu dessus. Ses boutons de manchettes étaient strictement fermés, et sa chemise aussi, chaque bouton bien dans le trou qui lui était destiné. Si bien que Gustav se demanda si il ne se sentait pas à l'étroit dans cette étoffe aux couleurs horribles.
Il portait un jean moitié slim, mal déssiné et mal coupé, d'une couleur claire. A vu d'oeil, il avait l'air d'un homme frigide et peu sûr de lui. Et Tom ne put s'empêcher d'éprouver une certaine fierté d'être Tom Kaulitz, le tombeur de ces dames.
A sa manière de trembler et de se gratter nerveusement le coup, les Tokio Hotel comprirent que c'était un débutant dans le métier et qu'il était intimidé par la présence de célébrités comme eux, en tout modestie naturellement. Le rouquin se racla la gorge et parla enfin :
- Bien. Bonjour à tout les quatres. C'est vraiment un honneur de vous interroger aujourd'hui.
Sa voix était elle aussi tremblante et maladroite. Et Tom ne pût retenir un pouffement peu discret. Le garçon déglutit et devint livide.
- Nous aussi, nous sommes...heu...Honnorés ! L'aida Georg, gentiment.
Le journaliste lui lança un sourire de remerciement et prit une feuille avec un enregistreur.
- Bon alors. Nous allons débuter l'interview.
Forcés, les garçons répondirent aux questions avec peu d'enthousiasme et lassitude. Automatiquement, les garçons placèrent cette interview avec celles qui les avaient le plus ennuyer de toute leur carrière, et même Tom ne lança aucune vane. Une demi-heure plus tard, au grand soulagement de tout le monde, le rouquin annonça la fin de l'entre-vue et il quitta la loge, après leur avoir serrés la main à tout les quatres.
Ceux-ci soufflèrent un grand coup, et commençèrent à parler du journaliste. C'était une habitude qu'ils avaient pris de parler dans leur dos, de commenter leur performance, leur manière de parler, de s'habiller, d'être tout court. Et les garçons ne mâchèrent pas leurs mots au sujet du rouquin. Si bien que lorsque Gülcan Kamps fit son entrée, Bill ressentit une vague de remords pour le journaliste. Il tourna la tête vers la présentatrice de télévision qu'il connaissait déjà depuis un bail, et leva une nouvelle fois les yeux au ciel.
Elle n'avait pas changé ses gouts vestimentaires. Et c'est vêtu d'une robe grise aux reflets métalliques qu'elle entra dans la loge. Sa robe était, évidement, doté d'un décolleté très généreux, et la femme était soulevée par de grands escarpins argentés pailletés. Tellement haut qu'elle dépassait Bill de quelques centimètres.
Ils lui firent la bise, bien que Gustav se contenta de lui serrer la main à elle aussi, et se rassièrent tous, comme à l'interview précédente.
Gülcan était toujours autant souriante et enthousiaste. Seulement voilà, elle avait pris dix ans. Et même Tom, qui souvent regardait son décolleté, ne le faisait plus. Pour lui, elle était vieille et n'avait plus vraiment d'interêt à ses yeux. Ni même à beaucoup d'hommes. D'ailleur, les journeaux étalaient sa désastreuse vie amoureuse avec joie. Mais Gülcan ne comprenait pas que les hommes de son âge s'intérressaient à des femmes matures et aux bons gouts vestimentaires. Son attitude les faisait fuir plus qu'autre chose. Mais elle se refusait de l'admettre, bien entendu.
Elle commença donc son interview, un grand sourire colgate plaqué aux lèvres, si bien qu'elle devait en avoir mal à la mâchoire. Les questions défilaient, et les garçons y répondirent très naturellement et avec sérieux. C'était souvent des questions déjà posées, et ils savaient déjà tous quoi y répondre. Mais alors, la journaliste se tourna vers Gustav, le regard pétillant. Et le jeune homme sentit que ça n'annonçait rien de bon.
- Alors Gustav, la dernière question est pour vous. Vous remettez vous de la mort de votre ancienne petite amie ? Vous sentez vous fautif de sa perte ? Quel sentiment ressentez vous maintenant ? Ca s'est passé il y a déjà deux ans de ça, alors, est-ce que vous y repensez toujours ? La blessure de cette perte est elle guérie ?
A chaque mot qu'elle avait prononcé, Gustav s'était enfoncé dans le sofa et s'était empêché tant bien que mal de ne pas pleurer. Il ne devait pas montrer sa faiblesse à cette garce de Gülcan, et c'est la voix dure et tranchante qu'il répondit :
- Ca ne vous regarde en aucun cas, mademoiselle seins-à-l'-air-toute-l'-année. Ma vie sentimentale ne regarde que moi.
La journaliste lui lança un regard mauvais et s'apprêta à répliquer. Mais Tom fut plus rapide.
- Bien merci. L'interview est terminée. Nous vous remerçions d'être venue. Au revoir !
Il l'emmena à la porte, et la jeta dehors, avec délicatesse mais elle en fut vexée quand même.
Gustav fixait la table basse et ravalait ses larmes. Ses trois amis le regardèrent tristement, et compatirent. Kamps avait fait ressortir les vieux remords que Gustav éprouvait depuis la mort de Sarah, sa dernière petite amie en date. Un stupide accident les avait séparé et aucun des deux n'avaient mérité ça. Bien sur, ce n'était pas fait exprêt, mais le batteur ne pouvait s'empêcher de remettre la faute sur lui. Si seulement il avait résister à la faim, elle ne serait peut-être pas morte aujourd'hui. Sa douleur était d'autant plus grande car Sarah attendait un enfant de lui, et ils prévoyaient de se marier en été 2016, après qu'elle ait accouché. Mais le destin en avait décidé autrement et lui avait retiré les deux êtres qu'il aimait le plus au monde. Triste sort. Mais il avait réussis à surmonter cette étape de sa vie en disant qu'il en apprendrait les leçons et que ça le ferait avancer. Mais au fond de son coeur et dans son âme, il n'avait toujours pas fait le deuil.
Une heure plus tard, ils passèrent sur RTL Exclusif pour un live et une interview. Gustav n'avait pas parler une seule fois, et semblait penser à autre chose. A Sarah. Georg et les jumeaux monopolisèrent le micro, afin qu'on ne pose aucune question au batteur. Car dans ces moments là, chacun était là pour aider leur ami, et tous savait que Gustav ne désirait pas parler.
Quand ils jouèrent " Für Das Leben " [Pour la vie], une chanson qui parlait de leur amitié à tout les quatre, le batteur n'y mit pas toute son énergie. Il joua bien sur, mais sans y prendre plaisir. A cet instant, sa seule envie était de rentrer à l'hôtel et de s'allonger sur son lit, seul. Il attendait juste que le temps passe, en tapant sur des caisses.
Le trajet du retour passa plus vite que l'allée et ils arrivèrent devant le Ritz, bondé de monde. Ca fit un drôle d'effet à Bill, qui avait vu le hall complètement vide, quelques heures plus tôt. Ils ne tardèrent pas à monter dans leurs chambres, surtout en voyant l'air pressé de Gustav. Il entra précipitamment dans sa chambre et ferma la porte au nez de Georg, qui s'apprêtait à entrer lui aussi. Si bien qu'il en eut mal au nez, et qu'il se le frotta un moment avant de frapper à la porte.
- Je désire rester seul ! Cria la voix de son ami, apparement étouffé par un coussin.
Compréhensif, Georg fit demi-tour et alla plutôt s'incruster dans la chambre des jumeaux. Les trois garçons parlèrent longuement de leur journée et de Gustav. Ils étaient navrés et tristes pour lui, mais ils ne pouvaient rien faire. L'homme est impuissant face à la mort.
Malgré ça, les jumeaux et Georg étaient contents de discuter entre amis, en toute intimité. Ils parlèrent de tout et de rien. D'amitié, d'amour, de famille. Ils racontèrent quelques blagues qui les firent rire plusieurs fois aux larmes. Ils firent même fait une petite de bataille de coussins, qui se termina sur le lit, les trois garçons allongés dessus, et respirant très fort, fatigués. Ayant repris leur respiration et leur rythme cardiaque normal, ils rièrent comme des gamins puis replongèrent dans un silence nostalgique. Comme si ils repensaient au passé. A tout ce qu'ils avaient accomplis dans leur vie. C'est alors que Bill repensa à Iris et à Amy. Il décida d'en parler à son frère et son meilleur ami.
- La réceptionniste. Je l'ai vu ce matin.
- Vraiment ? , S'étonna Tom.
- Oui. J'ai déjeuné avec elle et une amie à elle. Elles s'appellent Amy et Fred.
- Fred ? C'est un transexuel ?
Georg éclata de rire à la remarque du guitariste alors que Bill frappa doucement le bras de son frère.
- Non. Bien sur que non. C'est une fille qui s'appelle simplement Fred. Et elle est très jolie.
- Intéressant... Siffla Tom, pour rigoler.
- Tu ne changeras jamais petit frère.
- Petit frère ? Je suis né dix minutes avant toi, je te signale.
- Je sais, je sais. Mais j'ai seulement l'impression d'être plus mature que toi. Sourit Bill, en fixant une des lampes du plafond.
Mais Tom ne répondit pas. Si bien qu'il dû appeller son nom.
- Je te boude. Annonça t-il.
Et Georg et Bill éclatèrent de rire.
- Bon tant pis. Ca ne dure jamais bien longtemps de toute façon. Et je voulais vous parler de quelque chose d'important.
- De quoi ?! Demanda aussitôt Tom.
- Tien, tu ne boudes déjà plus ? Taquina Bill.
- Haha. T'es drôle.
- Je sais. Sourit-il. Donc je parlais d'Amy.
- Oui. Dit Georg, l'encourageant à continuer.
- Et j'ai découvert que c'était en faite Iris.
Sans s'y attendre, Bill et Georg entendirent Tom éclater dans un fou rire solitaire. Il ria pendant une bonne poignée de minutes et quand il se rendit compte que ça ne faisait rire que lui, il stoppa net son rire.
- Tu rigoles ?
- Non. J'ai des preuves que c'est elle. Répondit très sérieusement son double.
- Lesquelles ?
- Ses yeux rares et son allergie pour les noix.
- Ca ne veut strictement rien dire. Assura Tom.
- Attend. Quand elle m'a dit qu'elle s'appelait Amy, je lui ai demandé si c'était son vrai prénom et elle a hésité avant de me répondre oui. J'ai bien vu qu'elle mentait. Et je sais très bien qu'Iris n'aimait pas son vrai prénom.
- Pourtant, c'est plutôt joli Iris. Fit remarqué Georg qui s'était redressé sur le lit.
- Bien sur. Mais elle ne s'appelle pas Iris.
- QUOI ?! , S'écrièrent Georg et Tom.
- Je ne vous l'avais jamais dit ?
- Non. Tu as sûrement dû ou-bli-er. Répondit son frère, d'une voix irritée.
- Désolé alors. Beh maintenant, vous savez que c'est moi qui l'ait appellé comme ça. Parce qu'elle n'a jamais voulu me dire son prénom.
- Pff. En plus d'être chiante, c'est une menteuse. Murmura Tom dans sa barbe inexistante.
- T'es gonflant à la fin Tom ! S'énerva Bill en se redressant lui aussi, mais plus brutalement, du lit. Qu'as-tu contre elle à la fin ?
- Mais...Rien ! Rien du tout ! Assura Tom.
- Fait pas le con avec moi ! Tu l'as toujours détesté !
Georg préssentait qu'une dispute allait éclaté entre les jumeaux et il se dit qu'il était préférable de les laisser seuls. Leurs disputes étaient rares, mais quand celles-ci se produisaient, c'était assez violent. Il annonça donc :
- Bon, vous savez quoi les gars, je vais aller voir Gustav. Ca fait déjà trois heures qu'il est tout seul dans l'autre chambre.
Il tourna les talons mais une main vint lui attraper l'épaule.
- Non ! Tu restes ici ! J'y vais ! Ordonna Bill en quittant la chambre en furie, en n'omettant pas de claquer la porte derrière lui.
Il frappa à la porte violement mais personne ne répondit. Il colla son oreille pour écouter, et il entendit les sanglots de Gustav. Il appuya la poignée et fut surpris et heureux que la porte ne soit pas fermée à clé. Il entra doucement dans la pièce, complètement plongée dans le noir. Il referma calmement derrière lui, et chercha une lampe de chevet à tâtons. Il en trouva une qui était posé sur un meuble, à l'identique de sa chambre à lui. Il appuya sur le bouton, et la pièce fut un peu éclairée. Gustav était allongé sur le grand lit, dos à lui. Il tremblait en sanglotant et ne cachait pas qu'il pleurait. Bill contourna le lit et alla s'asseoir à coté de lui, sur le bord du lit. Il regarda le visage de son ami, faiblement éclairé par la lampe. Il faisait assez sombre de ce coté de la pièce, mais l'androgyne pût très bien distinguer les traces que les larmes avaient laissé sur ses joues. Il prit un mouchoir d'une boîte posée sur la table de chevet, et essuya délicatement le visage de Gustav.
- Tu as raison de pleurer. Murmura t-il. Ca fait toujours du bien d'exterioriser ses émotions.
- Oui... Répondit faiblement le garçon couché en position du foetus. - Après un moment, il rajouta - Je crois que je vais aller me dégourdir les jambes dans l'hôtel, ça me fera du bien.
Bill acquièça doucement et se releva pour laisser passer son ami.
- A tout à l'heure Bill. Dit celui-ci en quittant la pièce.
Lorsque la porte fut refermée, le jeune allemand de 28 ans se coucha à la place que son ami avait laissé. Elle était encore chaude, et il ne tarda pas à s'endormir.
Gustav marcha maladroitement dans le couloir en essuyant ses yeux encore humide. Et lorsqu' il passa devant un miroir, il s'observit un moment. Son visage était rouge et ses yeux bouffis. On voyait très bien qu'il avait pleuré. Mais il continua quand même sa route et arriva devant les ascenseurs. Il en appela les deux et attendit sagement. Un d'eux arriva et s'ouvrit en laissant découvrir la réceptionniste aux yeux verts émeraudes à l'intérieur. Gustav entra et se mit derrière elle, en essayant de se cacher le plus possible le visage, honteux d'avoir pleurer. L'ascenseur referma ses portes et continua à descendre vers l'étage plus bas. Mais il ne put arrivé jusque là car une secousse brutale fit tremblé l'ascenseur et celui-ci s'arrêta.
Ne s'y attendant pas, les deux personnes présentes à l'intérieur tombèrent à terre et la lumière s'éteignit.
- Eh merde. Lâcha la fille.
Gustav ne put réprimer un petit sourire. Sa journée aurait été riche en action en tout cas, et il valait mieux en rire qu'en pleurer. Même si ça lui avait fait mal de repenser au passé, à Sarah et à tout ce qui était arrivé.
Les deux individus ne dirent rien pendant dix bonnes minutes, mais ne supportant plus le silence, la réceptionniste demanda :
- Pourquoi avez-vous pleurer ?
Gustav ria doucement, et lui répondit :
- Comment vous appelez vous d'abord ?
- Amphitrite.Alors, vous en dites quoi de ce chapitre ? ><
Lâchez vos impressions! =)